Brûlures, les bons réflexes

La majorité des brûlures s’avère bénigne. Pour autant, elles réclament un traitement immédiat à la portée de chacun : le refroidissement prolongé sous l’eau du robinet.

Chaque année en France, on dénombre environ 500 000 brûlures bénignes.

Prises en charge de façon rapide et adaptée au domicile, elles ne laissent pas de séquelle. Encore faut-il connaître les bons gestes.


Mécanisme


Une brûlure correspond à un réchauffement brutal de la peau qui va détruire les protéines de façon plus ou moins irréversible selon la profondeur atteinte et le temps de contact. Le plasma sanguin et l’eau corporelle «s’échappent» et forment les fameuses cloques, ou phlyctènes, et de l’œdème. L’organisme perd donc son eau et se déshydrate à une grande vitesse. Il existe 4 mécanismes très différents de brûlure : électrique (courant, souvent grave), chimique (acides, eau de Javel, brûlures considérées comme graves et complexes), radique (les rayonnements, dont la gravité dépend de la zone et de la dose délivrée), et enfin thermique (flamme, liquides bouillants), les plus fréquentes.
 

Trois degrés


Le pronostic d’une brûlure thermique n’est pas le même selon la profondeur de la brûlure. Les médecins distinguent trois degrés qui vont déterminer le pronostic :

Premier degré

La brûlure se cantonne à la couche superficielle de la peau et respecte la couche profonde. Elle s’apparente à un léger coup de soleil. La peau cicatrise en quelques jours sans séquelle.

Deuxième degré (superficiel et profond)

La brûlure est plus profonde et se manifeste par une cloque (phlyctène). La cicatrisation est plus longue, de 2 à 4 semaines, et peut laisser des séquelles esthétiques (2e degré profond).

Troisième degré

La brûlure va détruire toute la peau en profondeur. La guérison spontanée est impossible lorsque la brûlure excède 1 cm de largeur. Elle nécessite une greffe. Le 3ème degré se manifeste par un aspect cartonné et blanchâtre, voire carbonisé. Surtout, les douleurs sont absentes du fait de la destruction des nerfs.

Surface brulée


La gravité d’une brûlure dépend également de l’étendue de surface brûlée. On l’estime en pourcentage de la surface corporelle totale au moyen de la paume de la main (de la victime), considérée comme représentant 1 % de la surface corporelle.

Plus la surface est importante, plus la brûlure est considérée comme étant grave : plus de 10 % chez l’adulte. Au-delà de 20%, l’hospitalisation s’impose.

Les facteurs aggravants


L’atteinte du visage, des organes génitaux et des plis de flexion des mains sont des facteurs aggravants. En outre, les brûlures sont mal tolérées chez les enfants et les personnes âgées et peuvent nécessiter une hospitalisation.
L’aspiration de flammes ou de fumée brûlante constitue un facteur de gravité supplémentaire.

Place au refroidissement


Les minutes qui suivent une brûlure sont trop souvent mises à profit pour conduire la victime vers l’hôpital avant tout traitement. C’est un tort : la brûlure thermique (et chimique) nécessite un traitement immédiat facile à mettre en œuvre : l’eau du robinet (froide mais pas glacée) à laisser couler sur la brûlure pendant 15 minutes. L’eau a 4 actions principales : elle calme les douleurs, hydrate la peau, diminue l’inflammation locale et surtout, stoppe la progression de la brûlure en profondeur. En effet, l’évaporation de la chaleur est vingt fois plus rapide avec l’eau qu’avec l’air. Asperger la brûlure va donc conditionner l’avenir de la peau. L’eau peut stopper à temps la brûlure au 2ème degré profond, de moindre conséquence que le 3ème.

 

Les gestes à éviter


Il est recommandé d’éviter l’application de beurre, de vinaigre, de dentifrice et autres pommades peu orthodoxes qui n’apportent rien, risquent de compliquer la tâche des médecins et surtout, peuvent favoriser une infection, synonyme de cicatrice inesthétique.
 

Que faire si :

 

Une cloque se forme :

Il est recommandé de ne pas la percer surtout en raison des risques éventuels d’infection. Demandez conseil à votre pharmacien Giropharm ou à votre médecin.

Du pus apparait au bout de 7 ou 8 jours :

Il s’agit d’une surinfection. Il est conseillé de nettoyer la brûlure avec un antiseptique et de consulter un médecin : des pansements spécifiques et des antibiotiques par voie orale ou en pommade peuvent s’avérer nécessaires.

La brûlure parait bénigne :

Après refroidissement, une brûlure de moins de 1 % de surface et du 2e degré réclame la pose d’un tulle gras renouvelé tous les 2 jours et recouvert d’une bande de gaze. Au-delà de cette surface ou de cette profondeur, mieux vaut consulter un médecin.

La brûlure est très étendue d'emblée :

Il est recommandé de recouvrir la victime avec un linge humide et propre (drap...) puis une couverture, car paradoxalement, une brûlure étendue peut se compliquer secondairement d’une hypothermie ! Puis il est conseillé d’appeler le 15 (S.A.M.U) ou le 18 (pompiers).


Les facteurs aggravants


Chez l’enfant, 70 % des brûlures sont dues à l’eau chaude. Dans les trois premières années de vie, les enfants sont particulièrement exposés, d’où l’intérêt de sécuriser les lieux à risque (cuisine, salle de bain, garage…). Une hospitalisation s’impose lorsque la brûlure excède plus de 5 % chez le nourrisson et plus de 10 % chez l’enfant, à plus forte raison s’il s’agit d’une brûlure du 2e degré.