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Les causes des allergies

Le nombre d’allergiques a doublé en deux petites décennies. Rhume des foins, eczéma, asthme et urticaire touchent aujourd’hui un quart de la population française. Comprendre les raisons de cette véritable épidémie, c’est se donner les moyens de mieux la surmonter.
 

En France, on n’a pas de pétrole, mais on a des idées. Ce slogan apparaît dans les années 70 avec le premier choc pétrolier.
Pour réaliser des économies d’énergie, il est alors fortement recommandé de sur-isoler son doux logis afin d’en faire une boîte hermétique au moindre courant d’air.
«Le calfeutrage réduit les factures de chauffage, mais il favorise aussi le développement des acariens et des moisissures», prévient le Dr Sophie Silcret-Grieu, allergologue.
Résultat ? Les allergies à ces microscopiques hôtes indésirables se sont multipliées à la vitesse grand V.


La consommation de fruits exotiques


Les réactions aux fruits exotiques ont subi la même inflation. Elle est liée à leur introduction assez récente dans notre alimentation, en métropole du moins, où la génération des quadras-quinquas a connu l’expérience du premier kiwi, du premier avocat ou de la première mangue. Cette dernière fait a contrario partie intégrante du menu quotidien des habitants des départements d’outre-mer depuis des générations. «Les allergies à la mangue sont très rares en Martinique», pointe le Dr Silcret-Grieu. Quant à l’arachide, autrement dit la cacahuète, elle est aujourd’hui présente sous des formes diverses dans de nombreuses préparations industrielles.
Certaines figurent en bonne position au menu du goûter (barres de céréales, biscuits), en lieu et place de la traditionnelle tartine de confiture. Et l’allergie à l’arachide de devenir l’une des plus fréquentes chez l’enfant.

Les animaux domestiques


L’asthme, l’urticaire et même l’eczéma au furet sont apparus plus récemment, avec la mode des nouveaux animaux de compagnie (les NAC).
Circonstance aggravante, ils sont bien souvent présents dans les chambres de nos chers bambins. Toutous et matous ne sont pas moins coupables. Dans tous les cas, le mécanisme est le même. Ces charmantes bestioles dispersent dans l’environnement des substances, les allergènes, qui provoquent chez certaines personnes une réponse inappropriée et excessive. «L’allergie est toujours une réaction de défense vis-à-vis d’une substance inoffensive, que le système immunitaire prend pour un ennemi», résume le Dr Silcret- Grieu. Il y est hypersensible.

Chacune de leur rencontre provoque une inflammation des bronches, du nez, des yeux ou encore de la peau. Et c’est la crise d’asthme, le rhume des foins ou encore l’eczéma, voire une réaction générale, de type œdème de Quincke ou urticaire.

La théorie « hygiéniste »


L’apparition dans notre quotidien d’allergènes nouveaux et/ou en plus grand nombre ne suffit pourtant pas à tout expliquer. Études à l’appui, les spécialistes invoquent une deuxième théorie dite «hygiéniste». Elle repose sur le constat que les bambins d’aujourd’hui sont moins souvent confrontés à des microbes que ne l’étaient leurs aïeux au même âge.
«Leur système immunitaire dévierait, explique le Dr Silcret-Grieu. Au lieu de s’occuper de combattre les infections, devenues moins fréquentes, il développerait des allergies.»
La moins grande fréquence de ces dernières dans les familles nombreuses, surtout chez les cadets, plus exposés aux microbes que leurs aînés, semble le confirmer.

Pour autant, pas question de prôner une natalité galopante, l’oubli des règles élémentaires d’hygiène ou encore l’entrée précoce en collectivité. «L’allergie est plus complexe qu’il n’y paraît, justifie le Dr Silcret-Grieu. Ainsi, le virus respiratoire syncitial, qui est à l’origine de la plupart des bronchiolites et circule beaucoup en crèche, favorise le développement ultérieur d’un asthme.» De même, bannir à tout jamais les animaux domestiques de la maison n’a rien d’une mesure miracle. «Les enfants allergiques qui ont toujours eu un chat à la maison le tolèrent souvent très bien, argumente le Dr Silcret- Grieu. En revanche, il ne faut pas prendre un chat si l’enfant a déjà une allergie».

Quant aux farouches partisans d’un déménagement à la campagne, histoire de mettre leur angelot à l’abri des polluants citadins, rien ne garantit que ce déménagement lui évite de devenir allergique. «En Allemagne de l’Est, il y avait beaucoup moins d’allergies avant la chute du mur de Berlin qu’aujourd’hui, où le taux de pollution a baissé, indique le Dr Silcret-Grieu.
Aucune étude n’a prouvé que la pollution puisse provoquer une allergie. En revanche, on sait qu’elle aggrave les manifestations respiratoires et oculaires d’une allergie, par son effet irritant. On sait aussi qu’elle peut rendre certains pollens plus allergisants.»

Les facteurs héréditaires


L’attitude idéale s’élabore donc au cas par cas, en fonction des prédispositions de chacun. En ce domaine, le patrimoine génétique constitue un puissant facteur de risque. Théo, tout juste trois jours de vie et dont aucun membre de la famille proche n’est allergique, n’a que 15% de risque de le devenir plus tard.

Cette probabilité grimpe à 75 % pour Léa, sa voisine de pouponnière à la maternité, dont le père, la mère et le grand frère sont allergiques. Rien ne permet toutefois de prédire à quoi elle pourrait réagir, par quels symptômes, ni à quel âge. «Une allergie peut apparaître dès les premiers mois de la vie, rappelle le Dr Silcret-Grieu ».

Les symptômes d’une allergie


En revanche, la nature des symptômes évolue avec le nombre des années. Chez les tout-petits, on voit surtout des eczémas atopiques. Puis ce sont des manifestations digestives, liées à des allergies alimentaires, et enfin des symptômes respiratoires, de type bronchiolite et asthme chez les plus grands». Dans tous les cas, le fait que ces signes récidivent ou durent longtemps doit mettre la puce à l’oreille. «Une bronchite tous les deux mois, ou une toux nocturne persistante chez un enfant aux antécédents d’eczéma, doit attirer l’attention, surtout s’il existe un terrain allergique familial», indique le Dr Silcret-Grieu.

Les signaux d’alarme (récurrence, persistance) sont comparables chez l’adulte. Il est tout à fait possible de développer sur le tard une authentique allergie au chien ou à la crevette, jusque-là bien supportés. Chez les seniors comme les nourrissons, la solution passe par la case consultation. Le médecin traitant oriente, si nécessaire, vers un allergologue. D’abord pour savoir s’il s’agit d’une véritable allergie, ensuite pour déterminer le ou les allergènes responsables grâce à une enquête minutieuse : questionnaire détaillé, examen clinique, tests sur la peau, prise de sang éventuelle ; enfin pour élaborer le traitement le plus adapté.