La rhinite allergique et la désensibilisation

Comme un adulte sur trois en France, vous avez une rhinite allergique. Et si vous pensiez à la désensibilisation ? Le pour et le contre.
 

Nez bouché, qui démange et qui coule, salves d'éternuements ... si ces symptômes se déclenchent tous les ans à l'arrivée des beaux jours, il s'agit probablement d'un rhume des foins. Autrement dit, d'une allergie à un ou plusieurs pollens présents dans l'air ambiant. Les médecins parlent de rhinite allergique saisonnière. Dans la moitié des cas elle s'accompagne de symptômes oculaires (rougeur, larmoiement, démangeaisons ...). Le tableau est alors celui d'une rhino-conjonctivite. Si le rhume des foins peut prêter (les autres) à sourire, son impact sur le quotidien des personnes atteintes n'a rien d'hilarant avec, très souvent, un sommeil de mauvaise qualité et une baisse des performances durant la journée. De plus, souffrir d'une rhinite allergique non traitée, c'est risquer dans 40 % des cas de développer un asthme par la suite.


Des avantages indéniables ...


Les antihistaminiques et les corticoïdes peuvent réduire les symptômes, mais ils ne suppriment pas l'allergie. 
La désensibilisation est le seul moyen d'espérer améliorer la situation sur le long terme. Son objectif ?Réduire (coire supprimer) de façon durable les symptômes saisonniers du rhume des foins, mais aussi limiter le risque de passage de la rhinite à l'asthme. La désensibilisation consiste à mettre l'organisme en contact répété avec de petites doses qui déclenche l'allergie (l'allergène). Peu à peu, le système immunitaire finit par le "tolérer".

Pour bénéficier de ce traitement, il faut prendre rendez-vous avec un médecin allergologue. Il procède à des tests afin de repérer le ou les allergènes en cause : pollen d'un arbre (bouleau, olivier, cyprès ...), d'une graminée (ivraie, avoine ...)ou d'une herbacée (ambroisie, armoise, plantain ...). Une désensibilisation peut ensuite être proposée, à deux conditions :
- Etre agée de plus de 5 ans
- Avoir une allergie invalidante malgrè un traitement adapté aéux symptômes.
Il y a quelques années, les médecins ne proposaient pas de désensibilisation aux personnes polyallergiques (plusieurs allergènes en cause). Ce n'est plus le cas aujourd'hui. Une désensibilisation peut être réalisée pour l'allergie la plus gênante. 

Autre nouveauté, trois voies de traitement sont désormais possibles : les injections sous-cutanées, les gouttes sous la langue et, depuis 2011, les comprimés pour l'allergie aux pollens de graminées. L'injection est pratiquée par un médecin à  son cabinet, ou par une infirmière en présence d'un médecin, une fois par mois pendant trois à cinq ans.
Les gouttes sublinguales sont prises chaque matin à la maison, pendant environ 6 mois sur 12, et ce durant 3 à 5 ans également.
La prise des omprimés débute au moins quatre mois avant et se poursuit pendant toute la saison pollinique. Là encore, il faut recommencer chaque anéne pendant au moins trois ans.

... et quelques inconvénients


Ces rythmes précis et ces longues durées d'administration exigent une solide motivation, en même temps qu'un grand sérieux pour espérer un maximum d'efficacité. Têtes en l'air s'abstenir ! Les adolescents, tout comme les adultes à l'emploi du temps anarchique, peuvent également avoir du mal à suivre leur désensibilisation à la lettre.
Le coût du traitement peut aussi en rebuter plus d'un. En effet, si les injections et les gouttes sont remboursées à 65 % par l'Assurance Maladie, les comprimés ne le sont qu'à hauteur de 15 %.