Préparer les vacances

Que l’on parte en famille ou en solo, au coeur de la France ou au bout du monde, des précautions s’imposent avant de larguer les amarres. Des avis à demander, aux médicaments à ne surtout pas oublier : un dossier pour partir l’esprit tranquille !
 

Déblayer le courrier en retard, acheter un nouveau maillot de bain, faire le plein de bouquins, mettre la voiture en révision. À cette liste de choses «à faire» avant le grand départ, la prudence recommande de ne pas oublier d’ajouter une poignée de démarches relatives à la santé. Elles sont variables en fonction de la destination, de la durée et des conditions du séjour, mais aussi en fonction de l’âge et de l’état de santé des vacanciers.

Bon à savoir


« Aller faire un trek dans la jungle amazonienne n’est pas une bonne idée pour une femme enceinte » plaisante le Dr Catherine Goujon, du Centre médical de l’Institut Pasteur de Paris.
De même, un séjour en haute montagne ou des séances de plongée sous-marine peuvent s’avérer contre-indiquées pour un senior cardiaque. Hormis ces cas extrêmes mieux vaut se méfier des idées préconçues. Ainsi, partir au loin n’est pas forcément dangereux pour un bambin. Il a plus de risque de se déshydrater dans une voiture à l’arrêt sur une aire d’autoroute en France qu’à se prélasser dans la chambre climatisée d’un palace kenyan. De même, les nations «en voie de développement» d’un point de vue sanitaire ne sont pas toujours celles que l’on croit (Afrique, Asie). Les pays de l’Est sont aussi à ranger dans cette catégorie. « En Amérique du Sud, il existe des risques infectieux comme le paludisme, la fièvre jaune ou la maladie de Chagas » ajoute le Dr Goujon. Les départements d’outre-mer connaissent des maux comparables, en raison de leur climat.

Les check-up à réaliser


La seule façon de savoir si son programme estival est en adéquation avec ses possibilités, et quelles sont dans ce cas les précautions à prendre, consiste à consulter son médecin traitant. «Et à le faire un bon mois à l’avance en cas de vacances à l’étranger», insiste le Pr Debord. Lorsqu’un long voyage en avion est prévu, le médecin peut en profiter pour prescrire bas ou chaussettes de contention chez les personnes à risques (femme de plus de 40 ans, grossesse, insuffisance veineuse, antécédents de phlébite…). Ce rendez-vous sera aussi l’occasion de faire renouveler son traitement habituel, pilule contraceptive comprise. Il faut prévoir d’emporter un stock suffisant de médicaments (un peu plus que la durée des vacances) a fortiori si l’on part dans un pays en voie de développement, où il est hors de question de se ravitailler auprès d’un vendeur de rue en cas de panne. Près de 10 % des médicaments en circulation dans le monde, et même 60 % dans certains pays, sont des contrefaçons.

Si besoin, le médecin traitant pourra également rédiger un certificat médical, désormais exigé au départ des aéroports de l’Union européenne si l’on veut garder avec soi dans l’avion des médicaments ou emporter du matériel d’injection (aiguille, seringue). De même, il pourra établir si nécessaire un résumé du dossier médical (français/anglais) qui précise les problèmes de santé, ainsi que leurs traitements «en dénomination commune internationale pour un départ à l’étranger», précise le Dr Goujon.

Les vaccins à faire


La visite chez le médecin traitant est enfin l’occasion de vérifier, à tout âge, la validité des vaccinations. Les traditionnelles activités estivales (barbecue, grands travaux, sports…) sont autant d’occasions de se blesser, donc d’attraper le tétanos, une maladie contre laquelle un rappel tous les dix ans s’impose à partir de l’âge de 18 ans. Et c’est pareil pour la diphtérie comme pour la poliomyélite. «Les vaccinations obligatoires ou recommandées en France doivent également être mises à jour quand on part à l’étranger» précise le Dr Goujon. D’autres peuvent s’y ajouter : hépatite A, fièvre typhoïde, hépatite B, rage… À noter que le BCG, qui n’est plus recommandé en France de façon systématique chez le tout-petit, doit être pratiqué si ledit bambin va séjourner un mois ou plus dans une zone à forte endémie tuberculeuse. C’est encore le cas de nombreux pays européens, dont le Portugal. Trois vaccins exigent de prendre RDV dans un centre agréé par le ministère de la Santé : fièvre jaune (au moins 10 jours avant le départ), encéphalite japonaise (au moins 40 jours) et méningite à méningocoque.

Pour information, la vaccination anti-méningococcique (souche W135) est obligatoire pour les personnes désireuses de se rendre au pèlerinage à la Mecque (à réaliser dans un centre de vaccination agréé). Ces centres de vaccinations internationales proposent en général aussi des consultations spécialisées pour ceux qui partent au loin. Un passage obligé pour les globe-trotters, tendance Indiana Jones, qui se sont concoctés un périple longue durée dans plusieurs pays et dans des conditions rustiques. Enfin, pour beaucoup de ceux qui s’expatrient le temps des vacances, une prévention du paludisme s’impose.

Cette maladie parasitaire transmise par certains moustiques sévit dans une centaine de pays, en particulier dans les zones tropicales défavorisées d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine. Des médicaments, à prendre tout au long du séjour mais aussi après le retour, permettent de réduire les risques. «Ils ne sont délivrés que sur prescription médicale, signale le Dr Goujon. Il n’y a pas de traitement standard. La prescription tient compte de nombreux facteurs, dont la résistance du parasite aux traitements, qui évolue chaque année». Il est donc hors de question de reprendre les médicaments antipaludéens non utilisés d’un voyage précédent, ni ceux d’un proche !.

Le saviez-vous ?

18 ans, c’est l’âge à partir duquel un rappel contre le tétanos s’impose tous les 10 ans.

La trousse des médicaments


La trousse idéale est à composer avec son pharmacien préféré, selon la composition de la famille et la destination. Dans tous les cas, mieux vaut prévoir large. Une migraine peut prendre des allures de drame si elle n’est pas stoppée net dès son début. Encore faut-il avoir pensé à emporter avec soi le médicament ad hoc.
En partance pour un pays chaud, « il faut éviter les médicaments sous forme effervescente ou à dissoudre, car on n’a pas toujours d’eau potable sous la main, conseille le Pr Debord. Il est conseillé d’éviter aussi les suppositoires car la chaleur les fait fondre ».

Deux autres précautions s’imposent pour les grands voyageurs. D’abord passer une visite de contrôle chez son dentiste. Ensuite vérifier que les coûts d’éventuels soins médicaux dans le pays d’accueil seront bien pris en charge.

À cet effet, ceux qui partent pour un Etat membre de l’Union européenne, l’Islande, la Norvège ou la Suisse doivent demander une Carte européenne d’Assurance Maladie à leur Caisse primaire au moins deux semaines avant le départ. Les autres, «a fortiori s’ils ont une maladie chronique, peuvent souscrire un contrat d’assurance qui couvre les frais de santé à l’étranger», précise le Dr Goujon. L’option «rapatriement sanitaire» est un minimum pour tous.

Zoom sur le contenu de la trousse à pharmacie

Son contenu est à adapter avec l’aide du pharmacien et du médecin, en fonction de votre lieu de vacances et de votre âge.
Vous trouverez dans notre Rubrique 1ers soins 1ers secours, des conseils pour organiser votre trousse à pharmacie pour vos vacances

 

Le mal des transports


Le matin du grand départ, ceux qui souffrent du mal des transports ont intérêt à prendre un vrai petit déjeuner, en évitant les aliments trop gras. Les médicaments contre ce mal se prennent, en général, une heure avant de partir. En voiture et en car, la meilleure place pour ne pas risquer nausée est à l’avant.

En bateau, c’est sur le pont plutôt qu’à l’intérieur.

Et en avion ? C’est au centre de l’appareil, tandis que celles et ceux qui ont des problèmes de circulation veineuse doivent préférer un siège près des issues de secours ou en bordure d’allée, afin de pouvoir allonger leurs jambes. Toujours pour un voyage en avion, il faut penser à prendre en «bagage à main» ses médicaments habituels, mais aussi ceux qui pourraient devenir indispensables en cas d’urgence (broncho-dilatateurs pour un asthme, dérivés nitrés pour une angine de poitrine...).

Une dernière précaution: l’insuline ne doit pas voyager en soute. Il y fait bien trop froid !

Sources : InVS, OMS, Institut Pasteur


Conseils de pharmacien : les MST et le paludisme


« On insiste sur deux choses avant les départs à l’étranger: la prévention des maladies sexuellement transmissibles et celle du paludisme » relate Eric Denoix, Pharmacien.

- Des MST comme la syphilis ou les gonococcies sont en nette recrudescence en France. Leur fréquence est encore plus élevée dans les pays à niveau sanitaire insuffisant. La prévention passe par l’usage systématique, pour tout type de rapports sexuels, du préservatif.

- « Pour le paludisme, on oublie souvent qu’il faut continuer à prendre ses médicaments après son retour en France, pendant une durée variable suivant le traitement, rappelle Eric Denoix. Ne pas le poursuivre, c’est risquer de faire une crise de paludisme quelques semaines ou mois plus tard ». La France enregistre encore plus de 5 000 cas de paludisme chaque année, 20 se soldent par un décès. « Toute fièvre dans les deux mois qui suivent un voyage dans un pays à risque peut être dûe à une crise de paludisme. Il faut alors consulter un médecin en urgence » insiste le Pr Thierry Debord.

 

Les incontournables du net


www.croix-rouge.fr
pour sa rubrique «premiers secours ces gestes qu’il faut connaître».

www.flying-doctor.org pour son espace dédié aux vacanciers qui partent en avion.

www.diplomatie.gouv.fr pour son espace «conseils aux voyageurs».

www.sante-voyage.org qui est le site spécialisé de l’Institut pasteur.

 

Zoom sur la sieste


La sieste après le déjeuner, c’est bon pour :

- Le stress et l’irritabilité.

- Le tonus : la sieste efface la fatigue physique.

- La peau : passer les heures les plus chaudes de la journée au lit plutôt qu’en extérieur permet d’éviter à son épiderme les méfaits des rayons UV les plus forts.

- L’esprit : le sommeil augmente les capacités de concentration, de mémorisation et d’apprentissage, donc les performances mentales.

- Les artères : la pratique régulière d’une sieste de 30 minutes en début d’après-midi réduit de 37 % le risque de maladies cardiovasculaires.