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Se protéger du soleil

Comment profiter de l’astre solaire tout en préservant sa santé ? Gros plan sur les bons réflexes à acquérir avant de bronzer, pendant et après.

 

Exposer sa peau au soleil, ça se prépare plus tôt qu’on ne le croit !

«Le soleil du mois de juin est aussi dangereux que celui du mois d’août» signale Pierre Cesarini, directeur de l’association Sécurité solaire, un centre collaborateur de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
« L’intensité des rayons ultraviolets, qui fait leur danger, est maximale le 21 juin ».



Préparer sa peau au soleil


Pour se préparer à les affronter, 3 % des Français font des séances d’UV. Une fausse bonne idée. Un bronzage obtenu ainsi «n’offre qu’une protection limitée contre les coups de soleil» affirme l’OMS, tout au plus celle d’une crème solaire d’indice 2 ou 3. Autant dire rien du tout.


« Les cabines produisent surtout des UVA, d’une puissance 10 à 15 fois supérieure à celle du soleil. Or les UV, B comme A, sont cancérigènes » insiste Pierre Cesarini. «Qu’ils soient naturels ou artificiels, leurs effets sont identiques et ils sont cumulatifs. Faire une séance d’UV par mois double le risque de faire un mélanome, le cancer de la peau le plus dangereux». Une autre solution, adoptée par 17 % de nos concitoyens, consiste à pratiquer une cure de compléments nutritionnels spécifiques, qui contiennent des antioxydants : vitamine C, vitamine A (rétinol) ou provitamine A (bêta carotène), vitamine E, sélénium… Ces gélules augmentent (un peu) la résistance de la peau aux coups de soleil. Un atout intéressant pour ceux qui ont du mal à bronzer sans brûler, ainsi que pour les allergiques au soleil. On peut aussi enrichir son alimentation en antioxydants, en mangeant au moins 5 fruits et légumes par jour, de préférence riches en bêta carotène : carottes, tomates, épinards, abricots, mangues, pastèques, poivrons.
Un dernier soin utile consiste à hydrater au quotidien visage et corps. Pour le visage, il est conseillé d’opter dès le printemps pour une crème de jour qui comporte une protection solaire anti-UVA et UVB. En complément, un gommage doux permet de débarrasser la peau de ses cellules mortes. Enfin, les vacanciers sur le départ ne doivent pas oublier d’examiner leur ordonnance à la loupe. Certains médicaments augmentent la sensibilité de la peau et peuvent provoquer des coups de soleil sévères : antibiotiques, antidépresseurs, anti-inflammatoires, médicaments pour traiter le diabète ou encore traitements locaux (décontracturants, antiseptiques, anti-acnéiques). Dans le doute, il est recommandé de demander conseil à son pharmacien ou à son médecin traitant.
 

Choisir le bon indice


Il est important de  choisir la bonne crème solaire, en fonction de son indice de protection (IP ou FPS). Plus il est élevé, plus elle filtre les UV. Cependant, la protection n’est jamais totale, et cet indice ne concerne que les UVB. La Commission Européenne recommande d’utiliser des produits qui offrent «une protection à la fois contre les rayons UVB et UVA». Sous son influence, leur étiquetage a gagné en clarté.

Côté du chiffre de l’indice, figure désormais une catégorie de protection : faible (indice 6 et 10), moyenne (indice 15, 20 et 25), forte (30, 40 et 50) ou très forte (50 +).

Pour bien choisir, il faut tenir compte du lieu de vacances, l’intensité des UV étant maximale à la mer, à la montagne et sous les tropiques. Le choix dépend aussi de la sensibilité de chacun aux UV. Les plus fragiles sont les enfants et les adolescents, ainsi que les adultes qui ont la peau, les cheveux et les yeux clairs : ils ne bronzent pas ou peu et prennent facilement des coups de soleil. Tous doivent opter pour un indice de protection élevé : 40 voir 50 à la mer et à la montagne, 30 à la campagne. Les peaux mates ne sont pas dispensées de protection solaire (indice 25 ou 30 en été sur la plage). «20 % des mélanomes surviennent sur ce type de peau» rappelle Pierre Cesarini. «En revanche utiliser une crème solaire n’est pas utile si on est un adulte la peau noire, mais on peut l’hydrater. Une peau métis a besoin d’une crème d’indice 15 en France, 30 sous les tropiques». Dernier achat indispensable : les lunettes de soleil, obligatoires pour tous, bambins compris. Les plus efficaces sont estampillés CE, de catégorie 3 ou 4, et dotées d’une monture enveloppante.

Les bons réflexes

Arrivé sur son lieu de vacances, un premier principe s’impose : s’exposer au soleil de façon progressive. Moins d’une heure d’exposition directe le 1er jour suffit largement. Deuxième principe : il est conseillé de ne pas appliquer sur la peau des cosmétiques (parfum, déodorant, lotion après rasage, maquillage…) susceptibles de provoquer des allergies ou des brûlures graves au soleil, qui laissent parfois des tâches indélébiles. Le risque est identique pour de nombreuses huiles essentielles et pour le henné des tatouages primordiale: préserver sa peau signifie utiliser une crème solaire, mais aussi les autres moyens de protection que sont les vêtements légers, un chapeau à larges bords ou une casquette, les lunettes de soleil… et l’ombre ! Une panoplie à moduler en fonction des conditions.

« Le soleil n’est pas dangereux tout le temps » explique Pierre Cesarini. « Avant 10 heures du matin et après 18 heures, en heure d’été française métropolitaine, l’intensité des UV est très faible. Inutile de s’en préoccuper. De 10 heures à midi, et de 16 à 18 heures, les niveaux d’UV méritent que l’on se protège pendant l’heure avant midi, et l’heure après 16 heures. Entre 12 et 16 heures, en août comme en mai, il faut éviter d’être au soleil, ou alors s’en protéger totalement avec chapeau, lunettes, tee-shirt, crème solaire sur les zones de peau qui dépassent, et rechercher l’ombre ». L’application de crème solaire se renouvelle toutes les deux heures, et après chaque baignade. Bien se souvenir aussi que ce n’est pas un laissez-passer pour une «toast attitude» effrénée. Même bien utilisée, une crème d’indice 50 + ne protège pas à100 %. Elle empêche les coups de soleil, mais pas les autres effets néfastes des UV.

De même, si ceux dont la peau bronze peuvent réduire l’indice de protection de leur crème au fil de vacances, ils doivent continuer de l’utiliser, comme ils doivent continuer d’utiliser les autres moyens de protection aux heures les plus risquées. Cette tactique permet à la fois de limiter les dégâts à long terme du soleil, et de prolonger la durée de son bronzage.

Garder un hâle durable


En fin de journée, il est recommandé de bien hydrater sa peau et chouchouter ses cheveux (shampoing doux, crème, masque). Ces bonnes habitudes sont à conserver dans les semaines qui suivent la fin des vacances. De même, la poursuite des compléments alimentaires et/ou d’une alimentation riche en antioxydants permet de garder un teint hâlé plus longtemps. Le bronzage s’estompe ? On peut tricher avec un autobronzant. Ceux qui ne bronzent pas ou peu, peuvent utiliser sans danger cet artifice pour avoir bonne mine toute l’année.

Etre vigilant toute l'année


Une dernière précaution utile après la fin des vacances consiste à scruter son épiderme des pieds à la tête. La modification d’un grain de beauté, l’apparition d’une tâche ou d’une petite lésion qui ne guérit pas (bouton, croûte) doit faire consulter. Il peut s’agir d’un cancer de la peau débutant, dont le diagnostic précoce est primordial. Plus il est détecté tôt, meilleures sont les chances de guérison ! N’hésitez pas un instant à consulter un médecin ou dermatologue pour avoir son avis.

 

Zoom sur les enfants et les ados


« 80 % du risque solaire pour la peau et les yeux se fabrique pendant l’enfance » martèle Pierre Cesarini, directeur de Sécurité solaire. «Les enfants ont la peau plus fine. Leur système de défense contre les UV est immature. Leur cristallin est plus perméable. Ils sont très vulnérables au soleil, et ce jusqu’à la puberté». Selon l’Institut national du cancer, une exposition intense pendant l’enfance constitue «la principale cause de développement d’un mélanome à l’âge adulte». En France, le nombre de nouveaux cas de ce cancer de la peau croît de 5 % par an.

« C’est devenu la première cause de décès par cancer chez les adultes jeunes » souligne Pierre Cesarini. Aussi mieux vaut expliquer très tôt aux enfants comment se protéger, mais aussi pourquoi. « Quand l’enfant comprend et acquiert jeune les bonnes habitudes, il a de grandes chances de les conserver à l’adolescence » observe Pierre Cesarini. « Les adultes doivent aussi s’efforcer de montrer l’exemple ». Enfin, les bambins de moins d’un an ne doivent jamais rester en plein soleil. Même à l’ombre d’un parasol, il faut les protéger avec des vêtements légers.

 

Soleil et mode d'emploi


2 guides pour évaluer l’intensité du danger:

L’index UV : Il exprime l'intensité des UV. Plus sa valeur est élevée, plus le risque est grand. Pour un index de 7, il ne faut que 20 minutes à un adulte à la peau sensible ou à un enfant pour prendre un coup de soleil. L’index UV est diffusé tous les jours sur www.soleil.info et par les grands médias, accompagné de conseils.

La taille de l’ombre : En tout point du globe, il suffit de regarder son ombre pour évaluer le risque lié aux UV. Plus elle est courte, plus le risque est élevé. L’ombre portée sur le sol est inférieure à sa propre taille ? Il faut éviter de s’exposer ou alors se protéger.

 


Zoom sur la lucite estivale bénigne


Allergie au soleil, la lucite estivale bénigne touche 1 adulte sur 10, le plus souvent une femme. Elle se manifeste lors des premières expositions intenses de l’année au soleil ou aux UV artificiels. Des boutons qui démangent apparaissent sur les zones exposées (décolleté, épaules, bras, jambes). Ils épargnent souvent le visage. L’éruption récidive chaque année si rien n’est fait. Sa prévention passe par la prise, avant l’exposition et pendant le séjour, d’une cure de compléments nutritionnels solaires et de granulés homéopathiques (Apis mellifica 9 C H). En cas d’échec, le dermatologue prescrit des antipaludéens de synthèse ou des séances de PUVAthérapie. En complément, une protection renforcée reste indispensable : Exposition très progressive, crème solaire d’indice élevé et anti UVA.

 

Maîtriser les risques


La peau :
Vieillissement accéléré
- Comment ? Les UV favorisent la production de radicaux libres (oxydants), qui détruisent l’élastine et le collagène.
- Les facteurs de risque : s’exposer sans protection de façon répétée au soleil ou aux UV artificiels.

Mélanome
- Comment ? Les UV endommagent l’ADN des cellules de la peau. Si la dose reçue est importante, en peu de temps, le système qui répare l’ADN en temps normal est débordé, et une tumeur apparaît.
- Les facteurs de risque : peau dépigmentée ou claire, mélanome dans la famille, coups de soleil répétés dans l’enfance, séances d’UV artificiels.

Carcinome
- Comment ? Le mécanisme de cet autre cancer est identique à celui du mélanome (lésions de l’ADN).
- Les facteurs de risque : expositions chroniques au soleil sans protection pour le carcinome baso-cellulaire (vie dans le sud de la France, sports nautiques, travail en plein air), expositions chroniques et intermittentes pour le carcinome spino-cellulaire.

Les yeux :
Cataracte prématurée
- Comment ? Dans la cataracte, le cristallin devient opaque. Plus le cristallin est traversé par une grande quantité d’UV, plus il s’opacifie rapidement.
- Les facteurs de risque : être guide de haute montagne ou marin pêcheur, s’exposer sans lunettes de soleil.

Dégénérescence maculaire liée à l’âge
- Comment ? Une dose importante d’UV, reçue sur un laps de temps très court (week-end de ski par exemple) favoriserait cette maladie de la rétine.
- Les facteurs de risque : une rétine déjà fragilisée par l’âge, le tabac ou le manque d’antioxydants dans l’alimentation, s’exposer sans lunettes de soleil.
 

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