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Les avantages du dépistage

Les cancers du côlon, du rectum et du sein font l’objet en France d’un dépistage organisé, pris en charge par l’Assurance Maladie. Pourquoi ? Qui est concerné ? Comment y participer ? Le tour de la question.


 

Dépister une maladie consiste à la rechercher chez une personne en bonne santé apparente. Un dépistage peut être individuel. Il est alors proposé par le médecin à certains de ses patients : ceux qui ont un risque élevé de développer une pathologie donnée comme le diabète ou le cancer de la peau. Ailleurs, le dépistage est dit «de masse» parce qu’il concerne toute une population. Il n’a d’intérêt que pour les maladies très fréquentes, qui entrainent une mortalité importante en l’absence de dépistage et ont une première phase d’évolution, sans symptômes, longue et accessible à un traitement efficace. Elles doivent aussi pouvoir être détectées à un stade débutant par un examen sûr et facile à réaliser.

Les cancers du sein et colorectaux répondent à tous ces critères. Une femme sur neuf aura un cancer du sein au cours de sa vie. Plus il est détecté tôt, plus ses chances de guérison sont grandes. Un examen simple et fiable, la mammographie, permet de diagnostiquer les petites tumeurs, non détectables à la palpation des seins. La situation est comparable pour le cancer colorectal, dont il se déclare plus de 37 000 nouveaux cas chaque année en France. Dépisté et traité à un stade précoce, il guérit dans 94 % des cas. Le test Hemoccult II permet de détecter, dans les selles, les saignements invisibles à l’œil nu, un signe qui peut traduire l’existence d’un cancer débutant ou d’une lésion précancéreuse (certains polypes).

Test et mammographie


Le dépistage du cancer colorectal concerne les hommes et les femmes de 50 à 74 ans. Tous les deux ans, ils reçoivent un courrier les invitant à aborder la question avec leur médecin traitant, à l’occasion d’une consultation. Ensuite, s’il est indiqué dans leur cas le test Hemoccult II consiste à prélever des fragments de selles, à déposer sur des plaquettes, expédiées à un laboratoire d’analyses agréé. Si le résultat est positif (présence de sang dans les selles), le médecin propose une coloscopie, pour explorer l’intestin et retirer d’éventuels polypes. Le test est gratuit. La consultation du médecin et la coloscopie sont prises en charge au taux habituel.

Le dépistage organisé du cancer du sein concerne quant à lui les femmes de 50 à 74 ans. Elles reçoivent tous les deux ans un courrier d’invitation à réaliser une mammographie chez le radiologue de leur choix, parmi une liste de spécialistes agréés. Tous respectent de rigoureux critères de qualité (formation spécifique, contrôle des appareils…). La mammographie est prise en charge à 100 %, avec dispense d’avance de frais.

Une quinzaine de minutes suffisent pour la réaliser. Elle comprend deux clichés radiographiques par sein. Le radiologue pratique aussi un examen clinique. En cas d’anomalies, il effectue de nouveaux clichés, voire une échographie. Les mammographies normales bénéficient toutes d’une deuxième lecture, par un second radiologue. Elle n’existe pas dans le cadre du dépistage individuel et permet de détecter plus de 6 % des cancers.

Se rassurer avant tout


Les résultats de l’Hemoccult II comme de la mammographie sont envoyés à domicile, et au médecin traitant, dans un délai d’une quinzaine de jours. Ils sont normaux dans l’écrasante majorité des cas : 97 à 98 % pour l’Hemoccult II, près de 90 % pour la mammographie. De plus, un résultat “anormal” n’est pas toujours synonyme de cancer. Loin s’en faut ! Près de 60 % des images suspectes à la mammographie se révèlent être sans gravité après bilan. N’empêche, l’appréhension continue de freiner la participation au dépistage.

En moyenne, seules 52,5 % des femmes concernées prennent part au dépistage organisé du cancer du sein. Ce taux demeure inférieur à 40 % en Ile-de-France et en Corse, où de nombreuses femmes réalisent leur mammographie en dehors du programme national. Se faisant, elles «ne profitent pas de la qualité offerte par le dépistage organisé » souligne l’Institut de veille sanitaire (InVS). La Haute-Vienne est le seul département à dépasser le taux de 70 %, seuil à atteindre pour espérer réduire la mortalité par cancer du sein en France de 30 %. De même, les spécialistes estiment à au moins 30 % la diminution de la mortalité par cancer colorectal chez les participants au dépistage.

Les signes d’alerte


Hors dépistages, pour certains symptômes, il est vivement conseillé de consulter son médecin traitant :

  • Sein : grosseur non douloureuse, anomalie du galbe, rétractation du mamelon, écoulement coloré de sang, rougeur, œdème ou aspect peau d’orange, ganglions au niveau des aisselles.

 

  • Colon et rectum : douleurs abdominales, troubles du transit récents (constipation, diarrhée, alternance des deux), sang dans les selles, amaigrissement inexpliqué.


Sources : InVS, INCa, Cnamts.