Mesure anticancer du col de l'utérus

Ce n'est pas le tout de rêver au grand Amour. Encore faut-il garder la tête froide et les pieds sur terre afin de se prémunir contre toutes les galères!


Vaccin antipapillomavirus


Le vaccin repose sur trois injections. Il est préférable de vacciner la jeune fille avant son entrée dans la vie sexuelle (ou à défaut, au cours de la 1re année). Voilà pour la théorie. Mais en pratique, ce n'est pas si simple. En effet, la responsable du cancer du col de l'utérus est un papillomavirus. Au moins une femme sur deux y est exposée au début de sa vie amoureuse. Pour autant, la très grande majorité s'en débarasse en quelques mois. Seuls certains papillomavirus échappent à la vigilance du système immunitaire et s'installent durablement dans les cellules du col de l'utérus, les poussant à se multiplier. Le vaccin antipapillomavirus a justement pour but de limiter fortement ce risque: il protège contre les souches 16 et 18, les plus souvent incriminées en Europe. Ces deux souches sont en effet responsables de 70% des cancers du col de l'utérus. Cela signifie qu'il ne protège pas contre les 30% restants. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle, vaccin ou pas, les femmes doivent faire des frottis de dépistage tout au long de leur vie. 

Autre sujet de questionnement


La plupart des jeunes femmes qui sont infectées par des papillomavirus lors de leurs premiers rapports les éliminent spontanément, sans vaccin. Ce dernier empêche cette primoinfection, mais on ne sait pas combien de temps il agit (10 ans? 20 ans? à vie?). Se pose donc la question de savoir si l'on ne va pas retarder le moment de l'infection par un papillomavirus, avec le risque qu'à 30 ou 40 ans, les femmes n'arrivent plus à s'en débarasser aussi facilement qu'à 20 ans. Pour éviter cet écueil (au cas où la durée du vaccin serait limitée), il faudra forcément un rappel... ce qui suppose de convaincre les femmes vaccinées au moment de leur adolescence, de remettre ça à intervalles réguliers.