Le SIDA est toujours là

Les progrès de la trithérapie ne doivent pas nous faire oublier que le sida cause toujours des ravages dans la population.
Gros plan sur l'épidémie, les nouveaux traitements et les recherches en cours.

Plus de 30 ans après le début officiel de l'épidémie, qui toucha tout d'abord la population homosecualle aux Etats-Unis en juin 1981, le sida n'en finit pas de faire des ravages.
Les chiffres restent alarmants, puisque 34 millions de personnes dans le monde vivent avec le VIH, le virus du sida. Rien qu'en 2011, on dénombrait 2,5 millions de nouvelles contaminations, 330 000 naissances d'enfants déjà contaminés, pour 1,7 millions de décès. En France, on recense 15 000 personnes infectées par le VIH, la région Ile-de-France restant la plus touchée, et 6 000 à 6 500 contaminations nouvelles chaque année, la plupart liées à des rapports sexuels non protégés. 



Des traitements performants

 

Schématiquement, on dispose de deux familles de traitements : les antiviraux, qui vont empêcher la multiplication du virus, et les antiprotéases, qui agissent au niveau des protéines nécessaires à la suivie du virus, la trithérapie correspondant à l'association de ces différents traitements. Grâce à eux, il est désormais possible de vivre mieux et plus longtemps. Pour autant, ces traitements ne permettent pas l'éradiction du VIH et peuvent s'accompagner de nombreux effets indésirables : nausées, diarrhées, atteintes neurologiques, psychiques (dépression, vertiges...), modification de la répartition des graisses au niveau corporel (lipodystrophie).

D'autres traitements complètent l'arsenal thérapeutique, comme l'interleukine-2, destiné à améliorer la réponse immunitaire du malade et l'efficacité de la trithérapie, ou encore les inhibiteurs de fusion, qui vont empêcher l'entrée du virus dans ces cellules.

Enfin, certains traitements font déjà polémique, comme Truvada, un antirétroviral mis sur le marché américain en juillet 2012, utilisé en prévention chez les personnes à risque et qui permettrait de réduire de 44 % le risque d'infection, au prix d'un relâchement des mesures de prévention habituelles. 

Une course planétaire contre la montre

 

Rares sont les maladies qui ont bénéficié d'autant de recherches fondamentales en aussi peu de temps. Pour les chercheurs, il est essentiel en effet de comprendre le fonctionnement du VIH, son mode de pénétration dans les cellules, de multiplication dans l'organisme (réplication) ou encore ses mécanismes de résistance.

Objectifs :
Développer de nouveaux traitements et surtout des vaccins qui pourraient l'éradiquer, comme en témoignent les nombreux essais de vaccins, thérapeutiques et préventifs, qui sont en cours dans le monde. La France n'est pas en reste : une société française implantée dans le Génopole d'Evry mène un esai de phase I/II pour un vaccin thérapeutique (VAC-S3).
De son côté, une équipe Inserm de l'hôpital Cochin (Paris) élabore un vaccin capable de bloquer l'entrée du virus dans les cellules vaginales

Dépistage : mode d'emploi

 

En France, 6 000 à 6 500 personnes découvrent leur séropositivité chaque année alors qu'on estime à 50 000 le nombre de personnes, infectées sans le savoir. D'où l'intérêt d'un dépistage ciblé, qui, s'il était pratiqué suffisamment tôt, permettrait d'agir à un stage précoce de l'infection et donc d'augmenter l'efficacité des traitements. Outre le dépistage sanguin "classique" (recherche des anticoprs anti-VIH dans le sang), il existe désormais des tests de dépistage rapide (TDR ou TROD) destinés aux sujets à risque. Disponibles auprès des médecins et des biologistes, dans les services d'urgence hospitaliers et certains services de santé, dans les CDAG (Consultations de Dépistage Anonyme et Gratuit), ces tests réalisés sur le sang ou la salive permettent de diagnostiquer la présence des anti-corps anti-VIH en moins d'une heure.

Pour plus d'informations, consultez le site : www.sida-info-service.org