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Où va la recherche ?

La France compte près de trois millions de diabétiques. Que peuvent-ils attendre de la recherche dans les mois et années qui viennent ?

Les réponses expertes du Dr Ronan Roussel, médecin et chercheur*.

 


Mieux connaître pour mieux traiter


On sait aujourd’hui que le diabète de type 1, nécessite des injections d’insuline à vie et résulte d’une destruction des îlots de Langerhans par des anticorps. «Certains chercheurs tentent de trouver le moyen d’éviter cette destruction, indique le Dr Ronan Roussel. Ils ont prouvé qu’un traitement agissant sur le système immunitaire permettait de préserver pendant près d’un an les 10 à 20 % de cellules de Langerhans encore fonctionnelles au moment de la découverte du diabète

Une deuxième voie de recherche consiste à remplacer les cellules déjà détruites par d’autres, en provenance d’un donneur en état de mort cérébrale. «On peut extraire de son pancréas les cellules qui secrètent l’insuline et les injecter dans le foie d’un receveur diabétique, signale le Dr Roussel. Quelques dizaines de personnes en France ont déjà subi avec succès ce type de greffe. Elles doivent cependant prendre en continu un traitement anti-rejet, qui n’est pas dénué de risque». Une alternative consiste à implanter un pancréas artificiel. Le premier essai d’un prototype a eu lieu au CHU de Montpellier, voici déjà huit ans.

Le gras en question


Reste que 90 % des diabétiques ne souffrent pas d’un diabète de type 1, mais de type 2. Sa genèse s’avère plus complexe. Des facteurs génétiques sont incriminés. Ils expliquent l’existence de familles de diabétiques. Mais les experts pointent surtout du doigt le duo alimentation hypercalorique – sédentarité. Il est à l’origine d’une flambée de la maladie sur toute la planète, comme de son émergence depuis quelques années, non plus chez les seuls quinquas, mais aussi chez les adultes jeunes, les adolescents et même les enfants.

Leur point commun ? Le surpoids. "Dans le diabète de type 2, l’organisme d’une part devient moins sensible à l’action de l’insuline, on parle d’insulino-résistance; d’autre part il ne produit plus assez d’insuline. Or l’insulino-résistance est en partie liée à l’accumulation de graisses sous la peau, mais aussi et surtout dans le foie et dans les muscles. Les recherches actuelles tendent également à prouver que des dépôts de graisses dans le pancréas seraient toxiques pour cet organe, entraînant la réduction de la production d’insuline, décrypte le Dr Roussel. Le diabète de type 2 est donc au moins autant une maladie du gras qu’une maladie du sucre".

Dès lors, le traiter de façon efficace suppose une chasse implacable à la bedaine et autres poignées d’amour, signes extérieurs de dépôts graisseux plus profonds. «C’est le but du nouveau médicament, le rimonabant », signale le Dr Roussel.

D’autres équipes de recherche tentent de percer le mystère de l’association très fréquente entre le diabète de type 2, excès de cholestérol dans le sang et l'hypertension artérielle. «Leur coexistence chez une même personne ne relève pas d’une coïncidence. Ce sont sans doute plusieurs facettes d’un même problème, résume le Dr Roussel. Des chercheurs tentent de mettre en évidence son origine». Ils se penchent pour cela sur les gènes des malades. Si leurs travaux laissent espérer de nouveaux traitements, ils font aussi entrevoir la possibilité d’agir en prévention. «Une analyse génétique pourrait dépister les personnes à risque de développer plus tard ces maladies», imagine le Dr Roussel. La dernière voie de recherche explore une famille d’hormones (les incrétines) secrétées par le tube digestif. «Elles augmentent la sécrétion d’insuline, explique le Dr Roussel. Leur production est altérée dans le diabète de type 2».

Cette découverte a déjà permis la mise au point d’une nouvelle classe de médicaments. «Ils vont sortir cette année», avertit le Dr Roussel.

* Unité Inserm 695, Maître de conférences des universités, Praticien Hospitalier dans le service de Diabétologie – Endocrinologie – Métabolisme du Pr Michel Marre, Groupe hospitalier Bichat – Claude Bernard (Paris).
Sources : AFD, Alfediam, Quotidien du médecin, Inserm.