Enuresie, comment en venir à bout ?

Faire encore pipi au lit après 5 ans – l’âge habituel de la propreté – c’est fréquent : plus de 400 000 jeunes sont concernés. Rien de très grave, d’autant que dans 99 % des cas, tout redevient normal avec la puberté.
 

Sommeil fautif

L’énurésie primaire, la plus fréquente, possède souvent une composante génétique : 74 % des garçons et 58 % des filles énurétiques ont au moins un de leur parent qui a connu ce problème (plus souvent le père). Elle est attribuée à un sommeil trop profond, une vessie immature et une hormone chargée de concentrer les urines durant la nuit, qui ne fait pas correctement son travail.

La bonne nouvelle, c’est que cela se résout presque toujours tout seul. La moins bonne, c’est que l’enfant victime de ce problème indépendant de sa volonté peut être, à cause de la pression des parents, victime de troubles psychologiques qui n’auraient jamais dû se produire.

Idem si ses frères ou ses sœurs se moquent de lui (une attitude à réprimer illico). Ou encore, si l’enfant n’ose aller dormir chez un copain alors qu’il en a très envie, de crainte d’un incident.

Rassurant le bilan


Il faut bien sûr commencer par vérifier médicalement l’état général, qui s’avère généralement bon, à l’exception de quelques infections urinaires ou de rares malformations.

Le seul fait de le savoir rassure tout le monde et aide à dédramatiser. Autre donnée rassurante : se dire qu’on n’est pas seul au monde, puisque 15 % des enfants de cinq ans, 10 % des enfants de huit ans et 1 % des adolescents de 16 ans sont dans le même cas. Et s’il y en a moins avec l’âge, c’est que chaque année, 15 % des énurésies guérissent spontanément.

Même les vessies finissent par grandir ! En attendant que votre enfant soit enfin tranquille, les solutions proposées doivent respecter cette règle d’or : d’abord, ne pas nuire !

Positive attitude


Pour aider l’enfant à vivre ce cap délicat, le médecin commence par lui expliquer comment fonctionne sa vessie et donne des petites astuces pour mieux la maîtriser : Diminuer l'apport hydrique avant de se coucher, aller aux toilettes avant de dormir et dans la journée, tenir un agenda en dessinant un soleil chaque fois que la nuit a été sèche.

Cela permet de constater qu’il y a plus de nuits sèches que de nuits mouillées et donc, encore une fois, de dédramatiser.
Ensuite, le médecin demande de prévoir une bonne alèze et des draps pour le change (mais certainement pas des couches qui sont infantilisantes) et de laisser l’enfant gérer seul le lavage de son linge en machine, comme un grand : c’est mieux pour son moral et pour n’avoir de compte à rendre à personne.

Enfin, si l’enfant est demandeur ou si l’énurésie est une source de complexe ou de mal-être pour lui, il peut lui proposer différentes solutions.

Quel traitement marche ?


Le pipi stop est une alarme déclenchée aux premières gouttes. Avantage : l’enfant est réveillé avant de mouiller son lit. Inconvénient : cette solution risque surtout de perturber son sommeil (comme la solution du réveil systématique en milieu de nuit, d’ailleurs).

C’est donc à faire sur une courte durée, ou alors, pendant les vacances, quand les apprentissages à l’école ne risquent pas d’en pâtir. Autre solution : la prescription – également en cure courte – d’un médicament qui concentre les urines la nuit (desmopressine).

Pris avant le coucher, il donne rapidement de bons résultats et ne perturbe pas le sommeil. De quoi permettre à son enfant de dormir chez des amis sans crainte ! Cela lui montre aussi que son problème n’a rien d’inéluctable. C’est suffisant pour le rassurer, le temps que sa vessie devienne enfin mature et c’est bien là l’essentiel !

Quand c’est psychologique...


On parle d’énurésie secondaire lorsque le trouble apparaît après une période de propreté d'au moins un an. En l’absence de cause médicale retrouvée, il faut voir le pédopsychiatre car la cause psychologique est de loin la plus fréquente. Ce dernier cherche à comprendre quel est le traumatisme responsable afin d’aider l’enfant à le surmonter.

Parfois, c’est évident car les troubles sont apparus à la suite d’un divorce ou d’une séparation. Mais parfois, il y a une histoire d’agression (à consonance sexuelle) là-dessous, dont le jeune n’a jamais dit un mot, a fortiori si une encoprésie (non contrôle des selles) est associée.

(D’après une interview de Jeanne Siaud-Facchin, psychologue praticienne et directrice des centres Cogito’Z dédiés aux difficultés d’apprentissage scolaire, www.cogitoz.com).