Précautions à prendre dans les lieux de jeux

Les piscines et leurs vestiaires, les bacs à sable ou encore les aires de jeux… des endroits très fréquentés par les enfants mais aussi par les adultes et parfois, par des animaux, qui peuvent représenter un risque sanitaire. Tour d’horizon des risques infectieux principaux et des mesures de précaution.

 


Les pieds nus dans les vestiaires, les mains qui frottent les yeux après avoir manipulé du sable, le doudou ou la tétine tombés sur le sol et remis ostensiblement dans la bouche… des situations quotidiennes pour un enfant qui explore le monde à travers ses jeux et pour lequel l’hygiène n’est pas la première des préoccupations ! D’où un risque infectieux lorsque l’enfant fréquente des lieux publics de jeux où se côtoient adultes, enfants et animaux, parfois.

Piscine et Vestiaire


Humidité, chaleur, fréquentation par des adultes à l’hygiène parfois douteuse et promiscuité obligent, la piscine est l’ennemie de la peau des enfants. Les mycoses (champignons) et les verrues y prolifèrent sans vergogne. Les pieds et la région ano-génitale peuvent donc être facilement contaminés dès lors que l’enfant marche pieds nus sur les sols carrelés ou qu’il s’assoit les fesses nues sur son banc dans les vestiaires, sans parler de la serviette, posée sur le banc infecté ou qui va traîner par terre avant le séchage.

Mycoses :


Due à un champignon (trichophyton rubrum), la mycose qui se développe entre les orteils ou sous les ongles, qu’on appelle également «pied d’athlète» du fait de sa fréquence chez les sportifs, peut persister des années en l’absence d’un traitement efficace.

Ce champignon se manifeste par une rougeur suintante entre le 4e et le 5e orteil surtout, voire entre le 4e et le 3e orteil, deux espaces interdigitaux particulièrement touchés car plus «fermés » et donc à l’abri de l’air. La peau en bordure de la fissure va s’épaissir et devenir blanchâtre, comme de la couenne. Des démangeaisons, parfois des brûlures, vont inciter l’enfant à se gratter vigoureusement, ce qui va provoquer une fissure douloureuse.

Gastro-entérites :

Du fait de «rejets» fécaux indésirables par les autres enfants nageurs, l’enfant peut également contracter des germes en «buvant la tasse» (Escherichia coli, Cryptosporidium…). Une gastro-entérite est donc toujours possible dans les heures ou jours qui suivent une séance de piscine.

Verrues :


Liées à un virus (human papillomavirus ou HPV), les verrues sont très fréquentes chez les enfants qui utilisent des vestiaires, en piscine comme au gymnase.
Très contagieuses, elles concernent les plantes des pieds, les paumes des mains et se traduisent par des lésions enchâssées dans la peau, mais aussi la zone ano-génitale où elles se manifestent par des excroissances molles. Le port trop fréquent de baskets favorise en outre leur développement.

Infections cutanées diverses  :

Elles sont liées à la présence de certaines bactéries dans les piscines, sur les toboggans et dans les spas (pseudomonas aeruginosa). Elles vont provoquer notamment des infections des poils (folliculite) 2 à 4 jours après.
Conseils de prévention : Veillez à bien nettoyer au savon et à sécher les espaces entre chaque orteil après chaque séance avec une serviette ou mieux, un séchoir à cheveux.
En prévention, mettez-lui des sandalettes ou des chaussons en silicone dès l’arrivée dans le vestiaire.
Ne réutilisez pas la même serviette et commencez toujours le séchage par les parties «exposées» que sont le visage et la zone ano-génitale.
Enfin, évitez-lui la baignade en cas de rhume, d’angine ou de plaies : "des portes d'entrées" faciles pour les germes et les virus !

Bac à sable


Lieux de jeux incomparables dans les cités, les jardins publics et les squares, les bacs à sable constituent également un bouillon de culture pour les micro-organismes issus des déjections canines et félines ou des feuillages en voie de décomposition. D’où un risque important de contamination par ingestion des germes, simple contact cutané ou muqueux (conjonctivite notamment).

Toxoplasmose :

Maladie liée à un parasite (toxoplasma gondii), la toxoplasmose s’attrape par l’ingestion des œufs de parasite contenus dans les déjections de chat. Chez l’enfant, la maladie peut passer inaperçue ou alors se manifester par une angine, des ganglions, des douleurs musculaires ou encore des maux de tête dans un contexte de fatigue et de fièvre. Chez l’enfant, elle est le plus généralement bénigne.

Toxocarose :

Cette maladie parasitaire (toxocara canis ou catis) correspond à l’ingestion d’œufs excrétés dans les selles des chiens et des chats.
20 % des chiens seraient infectés en Europe. Des œufs qui résistent à la plupart des produits de désinfection utilisés. D’où l’intérêt du déparasitage systématique des chiots et des femelles en début de gestation.

La toxocarose peut se traduire par une fièvre, des nausées, des vomissements, une toux ou des difficultés respiratoires, une éruption cutanée, des douleurs articulaires et une diarrhée.
Prévention : évitez les bacs à sable non entretenus (présence de nombreux détritus et bien sûr de matières fécales, même enterrées), ceux situés à l’ombre (l’ensoleillement limite les risques), les bacs à sable sans barrière de protection anti-animale ou d’une hauteur insuffisante ainsi que ceux dépourvus de la réglementation en vigueur.
Lavez abondamment les mains de votre enfant après le passage dans le sable ainsi que les jouets utilisés (seau, pelles, etc.) et supprimez-lui son doudou ou sa tétine le temps du jeu. Reste également le plus dur : lui expliquer qu’il ne doit pas manger du sable ou mettre ses mains à sa bouche.

Des normes pour les bacs à sables :

Deux normes d’avril 1995 (NFS 54-206) et de mars 1996 (XPS 54-207) définissent les règles d’hygiène des bacs à sable à usage collectif : protection contre les eaux de ruissellement, accessibilité et barrières, protection contre les souillures mais aussi conditions de contrôles parasitologiques et bactériologiques et seuils de germes à respecter.
Rappelons que les bacs à sable sont interdits aux animaux domestiques, même tenus en laisse !