Rien que pour vos yeux

Chaque année en France, plus de 100 000 enfants perdent l’usage d’un œil avant trois ans. Une situation trop méconnue qui pourrait être évitée grâce à une meilleure attention.

 

Ca se dépiste ?


Légalement, Bébé doit être vu par un médecin au 8e jour de sa vie. Très succinct, cet examen recherche une anomalie majeure comme des pupilles blanches (qui peut être un signe de cataracte congénitale).

Puis, l’examen du 9e mois permet de s’assurer que votre tout-petit est bien capable de suivre un objet du regard, qu’il réagit à la lumière et qu’il ne louche pas (strabisme). Le dernier examen obligatoire est celui des vingt-quatre mois : cette fois, le médecin montre une série d’images familières à votre enfant, de près puis de loin et lui demande de décrire ce qu’il voit ou de lui montrer une image équivalente.

Enfin, tout enfant scolarisé est en principe examiné par le médecin scolaire avant son entrée en cours préparatoire, mais il est parfois bien tard…

Les yeux dans les yeux


Quand un œil voit moins bien que l’autre, on parle d’amblyopie. Problème : le cerveau donne très vite la préférence aux images provenant de l’œil qui voit bien. Du coup, l’œil touché travaille de moins en moins, jusqu’à ne plus travailler du tout !

Le temps pour réagir est compté : les enfants atteints d’amblyopie récupèrent une bonne vision de l’œil paresseux, uniquement s’ils sont pris en charge avant trois ans. Entre trois et six ans, ils peuvent espérer récupérer partiellement. Mais après 6 ans, les chances de récupération deviennent vraiment aléatoires.

Or, la perte de la vision d’un œil se traduit par la perte de la vision du relief. Un vrai gâchis…

Quand y pensez ?


En cherchant à mettre au point l’image qu’il voit trouble, l’œil déficient converge vers l’autre, d’où l’apparition d’un strabisme.

C’est donc la persistance d’un œil qui louche, chez un nourrisson de plus de trois mois, qui doit alerter, a fortiori s’il existe des antécédents de strabisme dans la famille ou encore, si certains signes indirects laissent craindre qu’un œil voit moins bien que l’autre : c’est notamment le cas si l’enfant tourne toujours la tête du même côté pour regarder, s’il se cogne souvent, ou encore, s’il hurle quand on lui met la main devant un œil, mais pas l’autre (lorsqu’on masque son œil déficient, il n’est pas gêné puisqu’il ne lui sert pas).

Attention également, si vous remarquez qu’il cligne souvent des yeux, dessine le nez collé à sa feuille, se plaint de maux de tête ou de picotements en fin de journée.

Comment traiter ?


Au moindre doute, consultez un médecin ophtalmologiste. Un appareil automatisé permet de définir le trouble de la vision responsable. Chez les petits, l’hypermétropie (œil trop court avec vision trouble de près) constitue l’anomalie la plus fréquente.

Le port de lunettes correctrices est indispensable et si en plus, strabisme il y a, un système d’occlusion est mis en place pour masquer la vue à l’œil sain et obliger l’œil paresseux à travailler.

Du sérieux avec lequel l’enfant porte ses lunettes, dépend la récupération de sa vision, car l’intervention chirurgicale permet juste de supprimer la déviation d’un œil par rapport à l’autre. Sachant que les enfants qui présentent des anomalies de la vue non corrigées rencontrent  des troubles de l’apprentissage de la lecture, on ne badine plus avec les yeux.

Sources :
ASNAV (Association Nationale pour l’Amélioration de la Vue).
SNOF (Syndicat National des Ophtalmologistes de France)
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Un reflet blanc dans la pupille


Un reflet blanc de la pupille (leucocorie) n’est pas normal, même si ce reflet n’est visible que lorsque l’œil regarde dans certaines directions ou sous certains éclairages.

Dans ce cas et au moindre doute, il faut demander à voir l’ophtalmologiste dans les jours qui suivent.

En effet, il peut s’agir d’une pathologie rare mais sérieuse, pour laquelle tout retard au traitement aurait des conséquences graves.