Troubles du langage

“Avoir un cheveu sur la langue”, confondre les sons, inverser des syllabes… Revue des troubles du langage qui doivent vous alerter et qui nécessitent un avis médical.
 

Chacun son rythme ! Certains enfants manient moins vite la langue de Zola que d’autres : ce n’est pas pour autant qu’ils auront plus tard des difficultés à s’exprimer. Mais comme pour parler, il faut déjà bien entendre, le premier réflexe à avoir consiste à demander au médecin de vérifier tympans et audition (audiogramme).

C’est l’une des principales causes de retard du langage, alors plus vite on corrige et mieux c’est.



Gare à la répétition des troubles


Mal prononcer un ou deux sons réputés difficiles comme le “che” ou le “je” et bégayer de façon transitoire, cela peut arriver quand on n’a que 3 ans. Si l’audition est normale et que ces troubles restent ponctuels, ce n’est pas un souci. En revanche, un enfant de 3 à 4 ans qui s’exprime vraiment mal au point de devoir répéter plusieurs fois et systématiquement pour se faire comprendre, cela doit vous alerter.

Ce n’est pas mieux s’il refuse de parler, y compris à ses camarades : il cherche peut-être à cacher un trouble du langage (il sait qu’il ne sera pas compris et préfère donc se taire). Un bégaiement qui joue les prolongations – plusieurs mois – ou des erreurs systématiques sur plusieurs sons, avec des inversions et des oublis de plusieurs syllabes, voilà qui est encore suspect.

Enfin, attention à l’enfant qui construit de belles phrases, mais ne comprend pas les consignes qu’il reçoit : ce décalage entre parole et compréhension n’est pas normal. Dans tous ces cas et au moindre doute demandez un bilan orthophonique.

Des milliers d’enfants concernés


En maternelle, les trois “défauts” les plus fréquents sont les troubles de l’articulation, lorsque l’enfant prononce mal les sons (par exemple tous les “je” sont remplacés par “ze”). Les troubles de la parole, lorsque l’enfant arrive à prononcer tous les sons, mais ne les met pas au bon endroit (“pestacle” au lieu de “spectacle”).

Et enfin, des troubles du langage, lorsque la phrase est mal construite (“moi courir vite”). En primaire, avec près de 10 % des enfants concernés, la dyslexie est la plus médiatique, mais ce n’est pas un trouble du langage à proprement parler.

Plutôt un trouble du décodage des images et donc, des difficultés pour lire et même se relire, une mauvaise compréhension du texte en première lecture, des erreurs de copie, etc. C’est bien sûr gênant en français, mais aussi dans les autres matières…

Tout se rééduque


Selon le ou les troubles en cause, la rééducation peut durer quelques séances ou s’étendre sur plusieurs années.

Pour capter l’attention des plus jeunes, l’orthophoniste a recours aux jeux interactifs : des imagiers classés par sons, des jeux de sept familles choisies pour leur nom (avec la famille Chevaux si l’on veut faire travailler le son “che”, par exemple), des lotos, etc.

Et si c’est d’une dyslexie qu’il s’agit, toute la rééducation consiste à redonner au cerveau les moyens de décoder les images (lettres) qu’il reçoit… et à reprendre confiance en soi !

Les grands repères


Chaque enfant évolue à un rythme qui lui est propre. Attention, donc, à ne pas généraliser.

  • Dès 6 mois pour les plus précoces : le “pa-pa-pa” fait partie des premiers mots de vocabulaire (“maman”, c’est plus compliqué).
  • À 18 mois : certains sont déjà bavards, alors que d’autres sont plutôt avares de paroles. Mais tous enregistrent tout ce qu’on leur dit et ressortiront ce vocabulaire plus tard.
  • Vers 2 ans : c’est le temps des phrases courtes limitées à 2 ou 3 mots et, surtout du “non”.
  • De 3 à 4 ans : un enfant connaît en moyenne 1 200 mots, est capable de faire une phrase avec un déterminant, un nom, un adjectif et un verbe d’action.


Il commence à appréhender des notions temporelles simples comme “avant, après”, connaît les couleurs et les formes simples.

  • Entre 4 et 5 ans : son vocabulaire ne cesse de s’enrichir et il commence à conjuguer les verbes.
  • Vers 6 ans : il possède des notions de temps – hier, aujourd’hui, demain – et se repère dans l’espace : devant, derrière, en haut, en bas, dessus, dessous…