L'âge idéal pour découvrir les écrans

Les écrans sont partout, impossible (ou presque) d’y échapper! Si certains les critiquent et regrettent leur utilisation massive chez les enfants, d’autres conseillent de les apprivoiser.  Mais quelle attitude adopter pour les parents, à quel âge peut-on initier ses enfants à la découverte des écrans ?

 

 

A chaque âge l'enfant qui grandit a des besoins différents pour permettre de développer toutes ses capacités et découvrir le monde qui l'entoure. Ces différentes périodes du développement de l'enfant permettent de donner des repères à suivre dans son initiation aux nouvelles technologies  Ainsi 2013, l’Académie des Sciences a émis un avis « plutôt positif » et des recommandations à suivre selon les tranches d’âge.

 

 

Des limites à respecter

 

                  ►   Pas de TV avant 3 ans

                    Pas de console de jeux avant 6 ans

                  ►   Internet accompagné à partir de 9 ans

                  ►   Internet seul à partir de 12 ans

 

C’est la règle des 3-6-9-12 proposée dès 2011 par le Professeur Serge Tisseron*. En clair, chez tout enfant, un usage adapté est un usage encadré. L’écran impose un mode de pensée rapide et souvent multi tâche dont le risque est la superficialité et une baisse des capacités d’analyse.

 

 

Des mesures simples à partager

 

 Avant 3 ans

 

Les écrans non interactifs (TV et DVD) sont déconseillés (aucun effet positif prouvé et des effets négatifs démontrés : retard de langage, déficit d’attention, attitude passive…). L’effet captivant apparent est en fait bouleversant et offre peu de sens au tout petit. A cet âge, l’essentiel pour l’enfant est d’interagir spontanément avec son environnement grâce à ses cinq sens.

En revanche les tablettes visuelles et tactiles peuvent participer au développement sensori-moteur.   

         

De 3 à 6 ans

 

L’usage de l’écran doit être accompagné et de courte durée (période de 15 mn et maximum de 30mn/jour). C’est l’âge du faire semblant (réel contre virtuel) qui attire les enfants et les soumet à l’attrait des personnages vus sur les écrans. Cependant, à cet âge la priorité est de développer motricité fine et créativité. Le piège des écrans est de privilégier l’intuition sans la dépasser.       

                                                                

De 6 à 9 ans

 

L’école élémentaire est le meilleur lieu pour engager la découverte des écrans. Les logiciels éducatifs peuvent être intéressants, notamment pour améliorer lecture ou calcul de manière amusante (1/4 d’heure par jour pendant 3 à 4 semaines).C’est l’âge idéal pour enseigner l’auto régulation de ces nouveaux usages.    

                                           

A partir de 9 ans

 

L’initiation à internet permet d’en découvrir le fonctionnement et d’en éviter les pièges (flou entre sphère privée ou publique, réalité et fiction, temps et durée…). Sur internet trois notions majeures sont à appréhender dès cet âge : tout ce que l’on y met peut tomber dans le domaine public – tout ce que l’on y met y restera définitivement – tout ce qu’on y trouve est sujet à caution. Un accompagnement doit être maintenu.                          

                                                                                                      

Au-delà de 12 ans

 

L’interactivité constitue une formidable opportunité (jouer ou échanger avec les autres en réseau). C’est un accélérateur de créativité pour chacun. L’usage évolue vers les messageries sociales et les emails. La mise en place du contrôle parental est nécessaire même si parfois insuffisante, il est donc important de maintenir le dialogue et de rappeler certaines règles de prévention (attention aux faux profils et aux fausses identités, ne pas faire confiance aux interlocuteurs virtuels, ne pas donner d'informations personnelles du type adresse, numéro de téléphone, nom de famille, photos, etc.)

 

Les parents sont invités à prendre conscience des enjeux éducationnels autour des écrans. De manière générale, puis spécifique selon l’âge concerné et le tempérament propre de l’enfant. A chacun de trouver son équilibre entre piège et partage, interdit et laisser-faire.                             

 

Bonne découverte à tous !             

 

                                                                       

*Serge Tisseron, psychiatre et psychanaliste spécialisé dans les relations jeunes-medias-images