Le baby blues



Des crises de larmes inexplicables, une humeur changeante, un sentiment de culpabilité… Nombreuses sont les mamans qui ressentent cette baisse importante du moral dans les jours qui suivent l'accouchement, autrement dit un baby blues, un phénomène normal, transitoire, lié à un bouleversement hormonal.
 


30 à 80 % des accouchées (1) sont victimes 3 à 10 jours (2) après l'accouchement d'une baisse du moral, d'un petit coup de déprime. C'est le fameux baby blues, qu'on appelle également «syndrome du 3e jour». Un moment pénible pour la maman qui va culpabiliser et incompréhensible pour l'entourage qui contraste avec le bonheur attendu que représente une naissance. Mais rassurez-vous, le baby blues est un phénomène le plus souvent bénin qu'il ne faut pas redouter et ce d'autant plus qu'il cède en quelques jours sans laisser de séquelles.

Qu’est-ce que le baby blues ?


Le baby blues correspond à un mal –être passager, une hypersensibilité maternelle transitoire qui n'a rien de pathologique. Ce n'est donc pas une maladie. Il survient parfois à la suite d'une contrariété, même mineure, comme l'existence d'une petite anomalie chez l'enfant, un manque de sommeil, des difficultés à allaiter ou tout simplement de trop nombreuses visites.
 

Les symptômes



Le baby blues se manifeste surtout par des crises de larmes, une humeur changeante avec une alternance de passages de l'exaltation à l'abattement, une irritabilité, un sentiment de confusion, des troubles du sommeil, des maux de tête, un manque d'appétit et une fatigue.

La maman ressent également un sentiment de culpabilité, source d'anxiété, lié à l'impression qu'elle ne pourra pas s'occuper de son bébé aussi bien que le font les autres mamans. Pour autant, elle ne va pas le délaisser et tout va revenir à la normale à la fin de ce passage à vide. La fin du baby blues se traduit alors par un retour à une humeur heureuse, où la maman est toute à la joie de s'occuper de bébé.


La durée



Il ne faut pas confondre le baby blues avec la dépression post-natale dite du post-partum, d'une intensité «dépressive» plus profonde et qui touche 13 % des accouchées (2).

Néanmoins, même s'il est bénin, le baby blues ne doit pas être négligé dans sa durée comme dans son intensité car il constitue un mode d'entrée dans la maladie dépressive post-natale s'il s'accentue ou se prolonge au-delà d'une dizaine de jours. En d'autres termes, un baby blues qui paraît particulièrement intense ou dont la durée est supérieure à 10 jours peut être considéré comme un début de dépression post-natale. Rappelons que la dépression post-natale peut se prolonger plusieurs mois et laisser des séquelles importantes pour la mère, mais aussi pour le père et bien entendu pour l'enfant.

Les causes


D'un point de vue psychanalytique, les spécialistes considèrent que le baby blues correspond à un processus d'adaptation émotionnel de la mère qui va lui permettre d'établir une relation avec l'enfant(3) et de rompre avec le cocon de la grossesse.
On incrimine également la séparation brutale psychique et physique du bébé et de sa maman après 9 mois de «cohabitation».

En pratique, le baby blues qui apparaît au moment de la montée laiteuse traduit l'existence d'un bouleversement hormonal et plus exactement une chute de la synthèse de la progestérone, une hormone très élevée pendant la grossesse. Reste bien entendu la fatigue consécutive à la fin de la grossesse et à l'accouchement qui va fragiliser la maman.
 

Les traitements



Le baby blues ne nécessite pas de traitements médicamenteux particuliers.

Le rôle de l'entourage (conjoint, famille, amis…) qui va réconforter et protéger la jeune maman est essentiel, tout comme l'information par les soignants (puéricultrice, sage-femme, aide-soignante...) avant et après l'accouchement afin de dédramatiser ce petit coup de cafard et surtout de déculpabiliser la future maman en la rassurant sur ses capacités à prendre en charge son bébé. Mais si les manifestations s'avèrent sévères, le recours à un psychologue peut devenir nécessaire.
 

Les conseils de votre pharmacien

 

Conseil n°1

Organisez à l'avance votre retour au domicile après la naissance (congé de paternité, congés supplémentaires, présence d'un tiers, d'une aide…).

Conseil n°2

 Déléguez à votre entourage (conjoint, famille…) les tâches ménagères fatigantes pour mieux vous consacrer à votre enfant.

Conseil n°3

Il est recommandé de ne pas vous refermer sur vous-même si vous êtes en plein baby blues et donc de parler de votre mal-être avec votre entourage. Organisez à l'avance votre retour au domicile après la naissance (congé de paternité, congés supplémentaires, présence d'un tiers, d'une aide…).

Conseil n°4
 Le repos est vivement conseillé. Accordez-vous des moments de calme et changez-vous les idées.

Conseil n°5
 Les situations de stress ou de fatigue sont à éviter.

Le numéro utile


ALLO  PARENTS BÉBÉ : 0 800 00 3456
Anonyme et gratuit, ce numéro vert est une ligne d'écoute, d'information, d'aide et de soutien pour les parents inquiets (jeunes parents, parents d'un premier enfant…), dès la naissance et jusqu’aux 2 ans de l’enfant, leur entourage (frères et soeurs, grands-parents, proches de l’enfant…) ou tout simplement pour rassurer la femme enceinte.

Allô Parents Bébé peut orienter les parents inquiets vers les structures adaptées (maternité, PMI, associations…) et vers les professionnels de la santé et de la petite enfance.


Sources :
(1) La Revue du Praticien, vol 53, n° 17, nov 2003.
(2) La Revue du Praticien, tome 18, n° 646, mars 2004.
(3) La Revue du Praticien, vol 54, n° 10, mai 2004