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Les dysfonctionnements de la glande thyroïde

Des mains moites ou tremblantes, une tendance exagérée à la frilosité, le cœur qui accélère sans raison… Autant de petits signes qui traduisent un dysfonctionnement de la glande thyroïde.

 

Située à la base du cou, juste devant la trachée, la thyroïde est une glande en forme de papillon qui synthétise les hormones thyroïdiennes T3 et T4. Elles interviennent dans le métabolisme des graisses, le développement cérébral et cardiaque ou encore dans la croissance osseuse et la combustion des aliments après un repas.


Quand le cerveau s'en mêle

 

La glande thyroïde est loin d’être autonome. Bien au contraire, puisque c’est la TSH (thyroid-stimulating hormone), une hormone fabriquée par l’hypophyse, glande située   dans le cerveau, qui va stimuler   la fabrication des hormones thyroïdiennes par la thyroïde. Et pour compliquer les choses, l’hypophyse est elle-même sous la dépendance de l’hypothalamus, une autre zone profonde   du cerveau qui sécrète   de nombreuses hormones stimulant l’hypophyse  (située  juste en dessous).

De l'hyperthyroïdie...

Dans l’hyperthyroïdie, la glande s’emballe pour se mettre   à produire des quantités exagérées de T3 et de T4. Un dysfonctionnement qui touche 1 à 2 % de la population (féminine surtout) et qui   se manifeste par un cortège de symptômes facilement identifiables, comme la sudation, les tremblements, la fatigue, l’accélération du rythme cardiaque, des palpitations, une irritabilité, un amaigrissement, une accélération du transit intestinal (tendance à la diarrhée), des vomissements et un besoin permanent de boire. Dans   la maladie de Basedow, une forme particulière d’hyperthyroïdie, les deux globes oculaires font saillie et provoquent un regard exorbité caractéristique.

A l'hypothyroïdie

Dans l’hypothyroïdie, en revanche, la glande ne fabrique plus assez de T3 et de T4, souvent par insuffisance d’apports alimentaires en iode. Dans sa forme typique, elle se manifeste par un visage bouffi, un ralentissement intellectuel et moteur (gestuelle ralentie), une constipation, des doigts boudinés, une fatigue à l’effort, une prise   de poids, une raréfaction des cheveux et des ongles cassants, une baisse de la libido et surtout une frilosité qui bien souvent alerte le médecin. Mais gare à l’hypothyroïdie dite « fruste », car ne s’accompagnant d’aucun signe alors que le bilan thyroïdien est déjà perturbé. Cette forme fruste concernerait 15 à 20 % des femmes âgées de 60 ans !

Les nodules thyroïdiens

C’est bien souvent la palpation systématique de la thyroïde par   le médecin généraliste qui permet de retrouver un nodule, autrement dit une petite protubérance (« grosseur ») située dans la glande. Ailleurs, c’est une échographie qui va mettre en évidence le nodule. Indolore, il est le plus souvent sans effet sur la production des hormones, on parle de nodule « froid ». À l’inverse, mais plus rarement, il peut être à l’origine d’une hyperthyroïdie (nodule « chaud »). Bien visible, le goitre correspond à un gonflement de la thyroïde responsable d’une augmentation de volume du cou.   Il peut se manifester en casd’hyperthyroïdie (maladie de Basedow) ou dans l’hypothyroïdie (déficit en iode). Quant au cancer, il peut se révéler sous la forme d’un nodule ou d’un goitre, accompagné parfois de ganglions dans le cou. Dans tous les cas,   une masse thyroïdienne nécessite une échographie, une ponction   et un bilan sanguin avant   un éventuel traitement.

 

La TSH, un indice précieux de dépistage

En association avec le dosage des hormones thyroïdiennes, c’est surtout le dosage de la TSH dans le sang qui va permettre d’évaluer le niveau de fonctionnement de la thyroïde. Le taux normal de la TSH est compris entre 0,15 et 4,9 μU/ml   (variations possibles selon les laboratoires). En pratique, l’hyperthyroïdie correspond   à un taux inférieur à 0,1 μU/ml. Dans l’hypothyroïdie, en revanche, la TSH est supérieure à 5 μU/ml.

 

Traitement de substitution

Le traitement de substitution concerne l’hypothyroïdie, comme après une ablation chirurgicale de la glande. Il consiste en l’apport d’hormones thyroïdiennes de synthèse qui vont remplacer les hormones manquantes.   Bien toléré, car ne donnant   lieu à aucun effet secondaire lorsqu’il est administré en quantité normale, ce traitement par voie orale (Lévothyrox)   doit être pris à vie. Il permet  à de nombreux symptômes d’hypothyroïdie de régresser. Par ailleurs, les médicaments prescrits contre l’hyperthyroïdie visent soit à réduire les taux sanguins d’hormones thyroïdiennes (en bloquant leur production par la thyroïde),   soit à soulager les symptômes et, en particulier, à soutenir le cœur si l’accélération du rythme cardiaque est trop élevée.