L'acupuncture

Discipline millénaire de la médecine chinoise, l'acupuncture se propose de soigner de nombreux maux par l'utilisation d'aiguilles introduites dans la peau.
 

Des douleurs articulaires, à l'aide au sevrage du tabac, en passant par l'aide à la procréation médicalement assistée, ses indications ne cessent de s'étendre.

L’acupuncture


L’acupuncture* correspond à une approche globale, mais personnalisée, de la santé de l'homme. Elle nous propose une autre vision de la santé et de la maladie, guidée par une conception énergétique de l'univers et de l'homme. En effet, selon les médecins chinois, le corps est traversé par 24 lignes d'énergie (c'est l'influx vital, ou Qi) que l'on appelle «méridiens». 6 circulent devant le corps, 6 derrière et 12 sur les côtés.

Chaque méridien porte le nom d'un organe ou d'une fonction, comme le «méridien du cœur» (qui va du petit doigt à l'épaule), le «méridien du foie» (qui part de l'intérieur du pied pour se diriger vers l'intérieur de la cuisse) ou encore le «méridien de la rate» ou celui de la sexualité.

La technique


En fonction du diagnostic, le médecin acupuncteur plante alors des aiguilles (en acier inoxydable le plus souvent) à des endroits bien précis qu'on appelle les points d'acupuncture – il en existerait près de 800 – qui vont au choix, calmer une fonction organique qui fonctionne en excès, tonifier et stimuler une fonction organique défaillante ou encore réguler une fonction.

La taille de l'aiguille, l'angle d'insertion de l'aiguille dans la peau, la profondeur d'entrée (jusqu'à 3 ou 4 mm), le mouvement qui lui est donné lors de la pose ainsi que la durée de pose interviennent également dans la thérapie. Quant aux douleurs, elles peuvent être limitées par l'utilisation d'un mandrin (tube creux).

L'acupuncture est sans danger chez les enfants et les femmes enceintes.

Les indications


L'acupuncture est reconnue par la communauté médicale mondiale.

En 2002, l’OMS a d'ailleurs publié une liste des 28 indications principales. Une liste qui ne cesse de s'allonger depuis. Citons le soulagement de la plupart des douleurs, articulaires ou non (arthrose, entorses, tendinites, bursites, cervicalgies, lombalgies, douleurs post opératoires ou cancéreuses, migraine…) mais aussi les troubles fonctionnels digestifs (constipation), la dépression, la tolérance d'une incontinence urinaire, le stress, l'anxiété, les troubles du sommeil, le rhume des foins, les effets secondaires des chimiothérapies, les nausées de la grossesse ou l'accouchement sans douleur, l'aide au sevrage tabagique et même l'amélioration de 65 % du taux de grossesse lors des procréations médicalement assistées (PMA) selon une méta analyse publiée en 2008.

Mais bien qu'efficace, l'acupuncture ne peut se substituer à certains traitements, comme dans le cas du cancer notamment. Enfin, l'acupuncture connaît peu d'effets secondaires lorsque les précautions d'hygiène sont respectées. Une fatigue, des engourdissements, des saignements et des petites douleurs sont néanmoins toujours possibles après une séance.

La consultation


Comme lors de toute consultation, le médecin acupuncteur examine son patient et l'interroge afin d’établir un diagnostic.

Si la pathologie le nécessite, le médecin va recourir à l'acupuncture et disposer ses aiguilles sur des points bien précis, le patient étant couché sur le dos ou sur le ventre. 15 à 20 aiguilles suffisent la plupart du temps. Une séance d'acupuncture dure entre 15 à 30 minutes. 5 à 10 séances sont nécessaires selon les pathologies. Dans certains cas, le médecin reliera les aiguilles à un discret courant électrique afin de stimuler le déblocage du méridien.

Il pourra également utiliser la moxibustion (moxas), autrement dit l'application de cigares d'armoise incandescents appliqués sur les points d'acupuncture. Enfin, sachez qu'une consultation d'acupuncture est remboursée sur la base d'une consultation de médecine générale. Certaines mutuelles prennent le relais et peuvent compléter le dépassement d'honoraires lorsque le médecin acupuncteur exerce en secteur 2 (60 % d'entre eux).
 

Le choix du médecin


Choisir un médecin, détenteur de la capacité ou du diplôme inter universitaire (DIU) de médecine en acupuncture universitaire est recommandé.

Car si la France compte plus de 3 000 médecins acupuncteurs, 7 000 acupuncteurs non médecins exerceraient également, en toute illégalité.

Du fait du risque de transmission d'une maladie infectieuse si les aiguilles n'ont pas été correctement stérilisées, privilégier un praticien utilisant des aiguilles jetables à usage unique est préférable.

Une recommandation rappelée par le Syndicat National des Médecins Acupuncteurs de France (SNMAF), à l'occasion de la suspension d’un acupuncteur à Antibes en septembre 2009 pour le non respect des règles d’hygiène.
 

L'histoire de l'acupuncture


L'acupuncture aurait plus de 3 000 ans. Et peut-être même 5 000 ans si l'on se réfère à la médecine ayurvédique indienne qui la mentionne déjà.

L'acupuncture a connu un essor en France, puis en Europe, dès les années 20 sous l'impulsion de Georges Soulié de Morant, un diplomate français qui la découvrit à l'occasion de ses nombreux voyages en Chine, et qui la pratiqua à l'hôpital Saint-Jacques (Paris).

L'un de ses ouvrages fait encore référence en matière d'acupuncture.

 



*Du latin acus, qui signifie aiguille, et punctura, piqûre.