Antalgique Mode d'emploi

Les médicaments contre la douleur disponibles en pharmacie sans ordonnance sont légion. Comment s’y retrouver et les utiliser au mieux ?
 

Les antalgiques sont les médicaments les plus prescrits en France, avec près de 380 millions de boîtes par an. Et pour cause. La douleur fait partie des symptômes les plus fréquents même si elle n’est pas forcément un signe de gravité. Sur une période de 48 mois, près de 80 % des Français de plus de 18 ans y sont confrontés, à titre personnel (54 %) ou pour l’un de leurs enfants*.

Se soigner sans prescription


Pour réduire la douleur ou la supprimer, des antalgiques (ou analgésiques) peuvent être utilisés, choisis en fonction du type de douleur et de l’état de santé. Ceux disponibles sans ordonnance soignent les douleurs «faibles à modérées». Ils comportent deux grandes familles : les médicaments à base de paracétamol, et les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) tels que l’aspirine, l’ibuprofène et le kétoprofène .

Le paracétamol est présent dans de très nombreux médicaments, sous différentes présentations (comprimés, gélules, suppositoires…), seul ou associé à d’autres composés comme la caféine ou la vitamine C. Il soulage la douleur mais aussi la fièvre, avec une efficacité comparable à celle de l’aspirine. En revanche, il n’a pas d’action sur l’inflammation, contrairement aux anti-inflammatoires non stéroïdiens. Ces derniers sont donc largement utilisés pour les douleurs à forte composante inflammatoire, à l’exemple du mal de dos, des douleurs dentaires, ORL (angine, otite…) ou articulaires.

L’aspirine (acide acétylsalicylique) existe sous de nombreuses présentations orales, seule ou en association. L’ibuprofène existe aussi en forme locale (gel) pour soulager les douleurs associées aux traumatismes bénins.

... mais pas sans précaution


Si ces produits sont très efficaces, ils peuvent avoir, comme tout médicament, des effets indésirables. Ceux du paracétamol sont exceptionnels (allergies, toxicité hépatique).

Ceux des AINS s’avèrent un peu plus nombreux, et plus fréquents. Il s’agit surtout de troubles digestifs (nausées, douleurs à l’estomac, ulcère, saignements digestifs…), de troubles de la coagulation sanguine (l’aspirine «fluidifie » le sang), d’allergies, d’insuffisance rénale ou encore de vertiges et de maux de tête pour l’ibuprofène comme pour le kétoprofène. Si ces effets apparaissent, il est conseillé d’arrêter le traitement et de consulter un médecin pour en connaître les causes.

En prévention, prendre certaines précautions permet de réduire drastiquement le risque de les voir apparaître. Elles consistent à respecter toute la notice à la lettre... une consigne d’autant plus facile à appliquer que l’on aura pensé à la conserver, avec l’antalgique dans sa boîte d’origine ! En pratique, il s’agit de respecter les contre-indications et les précautions d’emploi. L’existence, par exemple, d’une maladie grave du foie, du cœur ou du rein, ou encore d’un ulcère à l’estomac, doit faire demander l’avis de son médecin ou de son pharmacien Giropharm, de même qu’en cas d’asthme (pour les AINS) ou de grossesse. Le risque d’effets indésirables des antalgiques augmente aussi avec l’avancée en âge. Le médecin peut conseiller aux seniors de réduire les doses et/ou d’espacer les prises.

Autre incontournable : le strict respect de la posologie ainsi que de l’écart minimal entre deux prises. Pour éviter tout surdosage, il est vivement conseillé de vérifier que l’on ne prend pas déjà un autre médicament contenant la même famille de principe actif (paracétamol, ou AINS). Il ne faut pas non plus associer, sans avis médical, un antalgique anti-inflammatoire à un anticoagulant (risque d’hémorragie). Il existe également un risque hémorragique en cas d’association d’un anticoagulant oral, avec du paracétamol à forte dose pendant plus de 4 jours.

 Une dernière précaution est d’utiliser l’antalgique pendant la durée la plus courte possible, car le risque d’effet s secondaires augmente avec la longueur du traitement. Et si la douleur persiste ou s’aggrave, obligeant à augmenter les doses, il faut consulter son médecin traitant. L’automédication a donc ses limites. N’hésitez pas à demander conseil à votre pharmacien lors de vos achats.

* Livre blanc de la douleur, Comité d’Organisation des Etats Généraux de la Douleur, juin 2005