Une délivrance très encadrée

Depuis l'été 2012, une nouvelle règle d'avance de frais s'applique aux médicaments génériques dans toutes les pharmacies. 
L'occasion de faire le point sur les obligations des professionnels de santé en ce domaine avec Vincent Loubrieu, pharmacien Giropharm à Avrillé (49).

 

Un pharmacien est-il obligé de délivrer des génériques de façon systématique ?



En 1999, la loi nous a donné le droit de substitution.
Substituer, c'est délivrer au patient un médicament générique, c'est-à-dire un équivalent thérapeutique moins coûteux, à la place du médicament original prescrit. Depuis le printemps 2012, nous avons l'obligation collective d'atteindre un objectif national de 85 % de substitution pour les médicaments qui possèdent des génériques. A titre individuel, chaque pharmacien se voit attribuer des objectifs personnalisés par l'Assurance Maladie, en fonction de son taux de substitution initial. Une autre de nos obligations concerne les patients de plus de 75 ans : nous devons leur délivrer le même générique d'un renouvellement à l'autre afin de limiter le risque d'erreur au moment de la prise.

Le patient peut-il s'opposer à la substitution ?

 

C'est son droit, mais il se voit alors appliquer la mesure appelée "tiers-payant contre générique" qui a été généralisée à toute la France en juillet 2012. En pratique, s'il refuse un générique lorsqu'il en existe pour le médicament prescrit, il ne bénéficie pas du tiers payant. Il doit payer son médicament à la pharmacie, avant d'être remboursé dans un second temps par l'Assurance Maladie. Cette situation n'est pas fréquente. Et c'est au pharmacien, en tant que professionnel de santé, de rassurer les aptients qui refusent encore les génériques en leur expliquant qu'avec, ils seront aussi bien soignés !
Les génériques existent depuis très longtemps, bien avant 1999. Ils étaient prescrits et acceptés sans aucun problème, probablement parce qu'ils n'étaient pas identifiés comme tels.

 

Et les médecins ?

Ils sont encouragés à prescrire davantage de génériques. 
D'un autre côté, un médecin peut également s'opposer à la substitution des médicaments qu'il a prescrits. Pour cela, il doit désormais inscrire la mention "non substituable" en toutes lettres, à la main, en face de chaque médicament concerné.