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Halte à la malbouffe

La santé vient en mangeant ? Certes, mais l’alimentation de nos bambins n’est pas toujours un modèle d’équilibre. Gros plan sur la meilleure façon de les aider à adopter de bonnes habitudes.

 

Né dans les années 80, le terme de « malbouffe » pointe du doigt la dérive moderne de l’alimentation des Américains, avec ses aliments saturés en graisses et en sucres, dévorés en portion XXL à toute heure de la journée. Les enfants de l’Hexagone suivent-ils la même pente ? Sur la forme, le modèle alimentaire français semble perdurer, même s’il tend à s’effriter un peu, avec notamment une tendance à la déstructuration (grignotage, irrégularité des horaires de repas, individualisation). Sur le fond, les experts notent un déclin des aliments basiques, au profit de produits transformés souvent plus coûteux et moins intéressants d’un point de vue nutritionnel. Par ailleurs, 80 % des 3-17 ans consomment moins de cinq fruits et légumes par jour, 72 % mangent du poisson moins de deux fois par semaine, et 6 sur 10 ont un apport insuffisant en produits laitiers. Et à la cantine ? L’équilibre des repas s’avère « perfectible » d’après l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments, notamment au regard de « la qualité des plats principaux » et de « la teneur en calcium des produits laitiers ».

Quand leur santé en pâtit


Toutes ces grandes tendances ne sont pas sans conséquence sur le poids de nos chérubins. En France, 14,3 % des 3-17 ans sont en surpoids et 3,5 % obèses. Ces chiffres n’ont pas augmenté ces dix dernières années, mais cette stabilisation globale cache un creusement des inégalités socioéconomiques. Les familles les plus défavorisées demeurent les plus touchées  par l’obésité. Autre injustice : les enfants ne sont pas égaux face aux effets de la malbouffe. Selon le Pr Patrick Tounian, pédiatre à l’hôpital Armand Trousseau (Paris), notre environnement devenu «obésogène» ne suffit pas «à lui seul, à rendre un enfant obèse». Il faut pour cela «une prédisposition génétique», qu’il est possible de contrer par l’apprentissage de comportements adaptés. A contrario, 80 % des enfants de 10 ans obèses le resteront à l’âge adulte si l’on ne fait rien. Autre conséquence de la malbouffe, le diabète de type 2, que l’on croyait réserver aux adultes, atteint désormais les moins de 15 ans. Des chercheurs américains ont également retrouvé, chez des ados en surpoids, une hausse du mauvais cholestérol ainsi qu’un épaississement de la paroi des artères carotides.

Ces lésions typiques des quadras sont réversibles, pour peu d’agir. Elles sont surtout évitables, à condition d’apprendre à «bien manger» dès le plus jeune âge.

Des trucs et astuces


Bien nourrir bébé, c’est d’abord lui proposer des mets variés, de préférence faits maison plutôt que tout prêts (plus chers et plus insipides). À l’âge de deux-trois ans, la plupart des enfants opposent un «non» catégorique à tout plat nouveau, surtout s’il est de couleur verte ou a une odeur marquée (fromage, poisson). En réponse, une bonne dose de patience s’impose… autant qu’un zeste de ruse ! Rien n’interdit de jouer sur l’apparence des aliments : Légumes en potage avec des vermicelles rigolos, fruits découpés en bâtonnets

ou en cubes…) ou leur présentation (assiette en couleur, aliments disposés de façon à dessiner une fleur…), voire d’user du camouflage (légumes en tartes ou associés à des pâtes, poisson - purée façon brandade…). Au fil des ans, l’enfant devient capable de comprendre les grandes règles de l’équilibre nutritionnel. Pour l’aider à les adopter, on peut le faire participer, de façon ludique, à toute la «chaîne» alimentaire : composition des menus, courses, préparation des repas. Lui apprendre à déjouer les pièges du marketing s’avère tout aussi important. Aux trésors d’imagination de l’industrie agro-alimentaire, on peut opposer la saveur et la simplicité des grands classiques (tartine de  pain, fruit frais, yaourt nature…) à agrémenter soi-même. Les boissons sucrées, gâteaux et autres friandises sont à réserver aux «grandes occasions». Une canette de soda contient 6 morceaux de sucre. Un paquet de biscuits fourrés au chocolat, c’est 3 à 4 cuillères à soupe d’huile et 20 morceaux de sucre ! Enfin, à l’heure du repas, il faut s’efforcer de manger ensemble et en prenant son temps (au moins une 1/2 heure). L’idéal consiste aussi à éteindre la télévision. Elle favorise en effet l’ingestion d’une plus grande quantité de nourriture !